J'aurais aimé du jonc de mer, mais...

J'aurais aimé du jonc de mer, mais... - Anna Muller

Je voulais du jonc de mer pour recouvrir mon sol, à l’étage de la maison. Mon époux étant assez bricoleur, je pensais qu’il le poserait lui-même. Plus le temps passait, et plus je me rendais compte qu’il n’avait tout simplement pas une minute à lui, alors, de là à ce qu’il prenne quelques jours pour mettre un nouveau revêtement de sol, ce n’était pas dans le domaine du possible. Je pris donc quelques conseils dans un livre, que j’avais emprunté à la bibliothèque de mon quartier. Je m’aperçus que l’entretien serait assez difficile. Cette matière nécessite d’être humidifiée plusieurs fois par an. Les pièces, où il était posé, devaient être aérées et nettoyées très régulièrement. Le problème, c’était que nous n’avions plus nos enfants sous notre toit, et que ces pièces à l’étage, leurs anciennes chambres, ne seraient pas utilisées régulièrement, même si j’escomptais que nos enfants reviennent nous voir de temps en temps.

Au retour d’un rendez-vous, pour un entretien avec un planificateur financier, je vis un magasin où des moquettes et des revêtements de sol étaient présentés, dans toutes les matières et les couleurs possibles. J’entrais pour voir si je ne pouvais pas trouver mon bonheur. Avec toutes les références qu’ils possédaient, je pouvais espérer repartir avec au moins une idée du revêtement que je mettrais. Après une bonne heure d’investigations, de tests en touchant les matières, de demandes répétées de coupons de moquettes, je me fixais sur un revêtement en sisal. Son entretien était moins compliqué que le jonc de mer, et cela restait un revêtement en fibres naturelles, une exigence qui était à la base de mon choix. Posséder un sol avec des dalles de sisal serait très joli. J’avais choisi les dalles, car je voulais les coller toute seule.

De plus, avec ce principe, j’aurais moins de difficulté à changer une dalle que la moquette d’une pièce entière, si elle était tachée. Par contre, le vendeur m’avait précisé que le sisal se comportait comme une éponge quand de l’eau était en contact avec lui. Je commençais à poser les dalles dans la chambre du fond, où ma fille dormait. En poussant légèrement les meubles, sans avoir à tous les enlever, je pris mon temps, mais je réussis à terminer la chambre en quatre heures. C’est de cette façon que je posais mon nouveau revêtement de sol, tranquillement, et que je parvins à recouvrir tout mon étage en moins d’une semaine de travail.